06 août 2006

Points d'appuis et fondations

Après cette sympatique matinée d'accueil, l'après-midi était pour ainsi dire quartiers libres, puisqu'il y avait juste à se rendre à 14h ou 15h selon les cas au secrétariat international pour faire la demande de permis de séjour. Petite parenthèse-référence, c'est à ce moment que mon tuteur m'avait donné son deuxième faux rendez-vous, puisqu'il m'avait demandé de le rejoindre à 12h30 pour faire cette demande. Surtout que je n'avais pas besoin de lui pour ça. Bref.

En faisant la queue pour donner la paperasse, j'entends deux filles parler en français devant moi. Joie ! Même pas dix minutes plus tard, un autre mec qui passe par là nous remarque aussi. Puis on rejoint un autre français que les filles avaient déjà trouvé, et ainsi de suite pendant tout l'après-midi, jusqu'à avoir rencontré la plupart des français du groupe d'étudiants. C'est bien sûr ce qui s'est passé pour un peu tout le monde, la recherche de compatriotes pour retrouver l'assurance de la langue natale, pour pouvoir discuter sans se fatiguer, sans être gêné par le vocabulaire.
Même pour les personnes n'ayant pas les difficultés linguistiques des français (ne serait-ce que parce que l'anglais est leur langue natale), je pense qu'un groupe de compatriotes constitue un point d'appui, de repère, vers lequel on peut se tourner sans rencontrer de difficultés avec la langue ou des prénoms imprononçables. Ou tout au moins, si ce n'est pas un groupe de compatriotes, un groupes d'homophones (je ne sais pas si ça existe, j'en doute même, mais vous m'avez compris).

En ce qui concerne notre groupe de frenchies -- et bon nombre d'autres, plus qu'un point d'appui, il représente une fondation. Tout se construit autour du même point de départ : repérer et rejoindre en premier lieu quelques Français, échanger quelques mots, puis seulement après intégrer ou aller auprès d'un étranger (connu). Le point d'appui que constitue ce noyau de Français n'est pas une branche à laquelle on se rattrape en cas de difficultés, mais un tremplin que l'on utilise systématiquement pour s'élancer.

Toutefois, ceci est à modérer. D'une part parce que ceci n'est que ma vision du monde, à chaud qui plus est. Il se pourrait très bien qu'un peu de recul et de discussions à ce sujet me fassent réaliser que ces observations sont fausses ou incomplètes. D'autre part parce que de toute façon, la tendance semble changer. Tout ceci ne serait que le résultat éphémère d'une timidité partagée pendant les premiers jours. Petit à petit, le cerveau s'habitue aux changements fréquents de langues, retourne vers un vocabulaire simple, facile à traduire, et l'utilise naturellement.

Oulah, ça devient nimp.

4 Comments:

Kunn a dit...

Je suis d'accord avec ton analyse psycho-linguiste.
Je n'irais pas plus loin pour ne pas enflammer le débat :D

Bref, ça parait normal de d'abord connaître les français. Après ça sera plus naturel j'espère d'aller vers des "danois-phone" ...

Je suis sûr que ça fera pareil en Angleterre pour nous ;)

Djizeus / CoCo / Romain a dit...

A la différence que vous serez dejà plusieurs à vous connaître...

Quasar a dit...

ouais on sera moins perdu, on connait (un minimum) l'anglais et on sera 6...

cousin a dit...

tu oublis que tes potes haut marnais n'ont pas tous fait de grandes études...